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Classement Doing Business 2018 : le Burkina recule de 2 places

Le groupe de la Banque Mondiale a rendu public, le mardi 31 octobre 2017, le rapport Doing Business 2018 qui mesure la réglementation des affaires et son application effective dans 190 économies du monde. Selon ce rapport, la Nouvelle Zélande est le pays où il est le plus facile de faire des affaires au monde. Le Burkina Faso y est classé à la 148ème place.

Les indicateurs présentés et analysés dans le rapport Doing Business évaluent la réglementation des affaires et la protection des droits de propriété, ainsi que leurs effets sur les entreprises. C’est sur la base de questionnaires et de rencontres avec des experts locaux dont des consultants, des avocats ou des administrations que les économistes de la banque mondiale attribuent les notes aux pays. Les critères de notation concerne 10 domaines : La création d’entreprise, l’octroi de permis de construire, le raccordement à l’électricité, le transfert de propriété, l’obtention de prêts, la protection des investisseurs minoritaires, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats, le règlement de l’insolvabilité.

De façon générale, le rapport 2018 confirme une tendance à l’amélioration de la facilité à faire des affaires en Afrique subsaharienne. Cependant le Burkina Faso vient d’enregistrer une régression dans cette 15ème édition du rapport de la Banque Mondiale. Il est passé de la 146ème à la 148ème place mondiale alors que des pays comme le Sénégal, le Niger, la Cote- d’ivoire et le Benin améliorent leur classement.

Au 139ème rang du classement Doing Business, la Côte d’Ivoire arrive en tête des pays de l’espace UEMOA où il est plus facile de faire des affaires. Elle est suivie immédiatement par le Sénégal (140ème). Ces deux pays sont talonnés par le Mali (143ème) et le Niger (144ème). À l’inverse, le Burkina Faso (148ème), le Bénin (151ème), le Togo (156ème) et la Guinée-Bissau (176ème) occupent les dernières places du classement dans cet espace.

Une analyse comparative des scores du Burkina Faso dans chaque domaine montre des écarts plus ou moins importants avec certains pays de l’espace UEMOA, toute chose qui explique largement cette régression du Burkina Faso dans le classement général. Aussi, en matière de création d’entreprise, c’est le Niger qui est le champion dans cet espace communautaire. Le Burkina Faso occupe la 5ème place juste après le Niger, la Côte d’Ivoire, le Benin et le Sénégal. Si des efforts ont été faits au niveau des procédures et des délais pour faciliter la création d’entreprise au niveau burkinabé, les coûts liés à la création d’entreprise restent élevés par rapport aux pays qui enregistrent les meilleures performances. A titre illustratif, le coût de la création d’une entreprise au Niger représente 8,3% du revenu par habitant contre 42,6% au Burkina Faso.

En matière de paiement des taxes et impôts, des efforts doivent être fait par l’ensemble des pays de la sous-région. Le Burkina Faso occupe la 153ème place mondiale et est pourtant le pays de l’UEMOA le mieux classé pour cet indicateur.

En matière d’obtention de permis de construire, indicateur pour lequel le Burkina enregistre son meilleur classement mondial (53ème rang), il occupe la deuxième place au sein des pays de L’UEMOA après le Benin. La mise en place du Centre de Facilitation des Actes de Construire (CEFAC) a permis de réduire le délai et coût d’obtention du permis.

C’est surtout en matière de raccordement à l’électricité que le Burkina Faso enregistre sa plus grande contreperformance au niveau mondial (179ème rang). Les délais et surtout le coût du raccordement sont élevés. Au niveau de l’UEMOA, pour cet indicateur, c’est le Sénégal qui occupe la 1ère place (118ème rang) suivi de la Cote d’ivoire (129ème rang).

En somme depuis le lancement du rapport Doing Business en 2003, l’Afrique subsaharienne a introduit 798 réformes au total. Les grands pays réformateurs sont le Rwanda avec 52 réformes, le Kenya (32 reformes) et Maurice (31 reformes) et ils occupent le meilleur classement de la région dans le rapport 2018.

Ces résultats loin de décourager, doivent interpeller les décideurs au plus haut niveau sur la nécessité de poursuivre les réformes, surtout dans les domaines où notre pays accuse des contreperformances, afin de faire de notre pays, une destination privilégiée des investissements dans la sous-région.

Classement Doing Business 2018 des pays de l’UEMOA

Pays 2017 2018 Variation Nombre de réforme
2017 2018
Mali 141 143 -2 3 0
Côte d’Ivoire 142 139 +3 4 1
Burkina Faso 146 148 -2 3 1
Sénégal 147 140 +7 4 5
Niger 150 144 +6 6 4
Togo 154 156 -2 4 1
Benin 155 151 +4 2 3
Guinée-Bissau 172 176 -4 1 1

       Source : rapport Doing Business 2018

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