L’Union européenne évalue son Appui Budgétaire au Burkina Faso sur la période 2009-2014

    Avec la participation de représentants du Gouvernement, des Institutions burkinabè, de la société civile, des collectivités territoriales, des partenaires techniques et financiers et du secteur privé dont le conseil national du patronat burkinabè(CNPB), L’Union européenne et le Gouvernement du Burkina Faso ont organisé un séminaire de restitution pour l’évaluation des Appuis Budgétaires de neuf (9) partenaires techniques et Financiers d’un montant d’environ 1000 milliards de FCFA pour la période2009-2014.

    L’évaluation des Appuis Budgétaires au Burkina Faso s’est tenue sous la présidence du Ministre délégué auprès du Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Madame Edith Clémence YAKA qui avait à ses côtés l’Ambassadeur Chef de la Délégation de l’Union Européenne, Monsieur Jean LAMY.

    Madame le Ministre a dans son mot de bienvenue indiqué que l’objectif de l’évaluation est d’apprendre du passé pour améliorer l’avenir. Les résultats de l’évaluation contribueront à prendre en compte les insuffisances de l’appui budgétaire pour l’élaboration du Plan National du Développement Economique et Social(PNDES).

    L’Ambassadeur Chef de la Délégation de l’Union Européenne, Monsieur Jean LAMY s’est réjoui de la large participation des acteurs au présent séminaire. Il a indiqué que l’Appui Budgétaire(AB) est une modalité de l’aide publique au développement et contribue à 35% des ressources de l’Etat. Il a précisé que l’Union européenne a financé sur l’ensemble des appuis budgétaires généraux et sectoriels entre 2009 et 2014, des montants très importants, à savoir environ 1 000 milliards FCFA. Cette contribution, en complément aux recettes de l’Etat, a été essentielle pour aider le pays à faire face aux chocs externes, pour maintenir la stabilité économique et pour assurer des taux de croissance économique significatifs. Il a attiré l’attention du Gouvernement burkinabè sur deux points essentiels :

    Consacré l’AB à l’investissement car les fonds de l’AB sont fongibles dans le budget de l’Etat ;
    privilégier l’efficacité de la dépense publique et le dialogue permanent.
    Les participants ont eu droit à des communications suite à l’intervention de l’Ambassadeur Chef de la Délégation de l’Union Européenne.L’objectif du séminaire est de présenter le rapport provisoire de l’évaluation de l’appui budgétaire en vue de fournir une appréciation independante.L’AB a concerné les secteurs de la santé, de l’eau et l’assainissement et les finances publiques. Elle a souligné que l’AB a permis d’effectuer 36 opérations pour 1 000 milliards FCFA sur la période 2009 à 2014.Le champ de l’appui budgétaire concerne aussi bien le transfert de fonds que le renforcement des capacités, le dialogue et l’assistance technique.

    Sur le plan de de la gestion des finances publiques, des progrès réels ont été remarqués mais il existe une persistance de multiples entraves dans la gestion des marchés publics. La gestion des marchés publics reste un domaine principal d’inefficience et de corruption. Les problèmes sont multiples à savoir une règlementation très lourde qui augmente les inefficiences et n’évite pas la corruption, une préparation des dossiers techniques inadéquate, la collusion des différents administrateurs aux différents niveaux, la faiblesse des entreprises, la faiblesse des investigations et des sanctions en cas de corruption. L’évaluation a montré que la croissance économique a été soutenue mais insuffisante compte tenu de la croissance démographique et les faiblesses structurelles. Les facteurs déterminants de cette croissance sont l’expansion de l’agriculture traditionnelle, la dynamisation de l’industrie et des services liés à l’essor minier avec cependant une stagnation de la compétitivité. L’évaluation a fait quatorze(14) recommandations pour une utilisation optimale de l’appui budgétaire. Il s’agit entre autre :

    l’appui budgétaire devra rester une modalité privilégiée ;
    Vérifier de façon approfondie la détermination politique du gouvernement et les capacités de l’administration à poursuivre les objectifs et les cibles convenus ;
    Une instance de dialogue de haut niveau entre le gouvernement et les PTF de l’AB est nécessaire en complément à la participation aux instances de dialogue de la SCADD ;
    Mettre une bonne gouvernance au centre de l’AB et des appuis complémentaires.