Relecture du Code du Travail : Le ministre du Travail lance la cérémonie d’ouverture des concertations Patronat/Syndicats

    La cérémonie d’ouverture des concertations Patronat-Syndicats s’est déroulée le mardi 22 octobre 2019, à Splendid Hôtel, sous la présidence du ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Protection sociale, M. Séni Mahamadou Ouédraogo. Le présidium était composé du ministre, du Président du CNPB, M. Appolinaire Compaoré ; du Vice-Président chargé du Dialogue social, M. Harouna Toguyéni ; du Président de mois de l’UAS, M. Bassolma Bazié. La cérémonie a également connu une forte participation des membres du Bureau du Patronat et des représentants syndicaux.

    La cérémonie d’ouverture visait à jeter quelques bases en attendant d’entrer dans le vif des échanges sur la réforme du Code du Travail de 2008.

    Dans le discours du Président du CNPB pronnoncé par M. Harouna Toguyéni, Vice-Président chargé du Dialogue social, il a commencé par saluer la présence du Ministre en charge du Travail et remercié le Président de mois de l’UAS et le monde syndical pour avoir répondu favorablement à l’invitation du Patronat à engager avec les employeurs un dialogue social sur la relecture du Code du Travail. Il a ensuite rappelé le contexte sécuritaire préoccupant dans lequel se tient la cérémonie d’ouverture avant de traduire sa compassion aux populations déplacées et de Forces de défense et de sécurité.

    M. Harouna Toguyéni, Vice-Président du CNPB chargé du Dialogue social

    Il a souligné que le « Patronat et les syndicats sont réunis dans un esprit de partenariat franc, courtois, direct sans médiateur, pour trouver les voies et moyens de parvenir à l’élaboration d’un outil consensuel de régulation des relations professionnelles dans le monde du travail au Burkina, un outil qui puisse consacrer un équilibre entre la productivité et la compétitivité des entreprises ». Il a rappelé que le processus de relecture du Code du Travail entamé sous l’égide du gouvernement est en souffrance, le Patronat et les syndicats ayant buté sur près d’une quarantaine de points de désaccord. Ce document est entre les mains du gouvernement mais le président du CNPB souhaite que les principes de dialogue social soient respectés car dira-t-il, « il ne sert à rien d’adopter précipitamment un outil de travail sans un consensus des premiers acteurs concernés par son application ». Conscient des enjeux de la règlementation du travail et soucieux de maintenir un climat social apaisé dans le monde du travail, le nouveau Bureau du CNPB a jugé nécessaire de saisir le gouvernement puis les syndicats afin de revenir sur les fondamentaux du dialogue social, a précisé le Président du CNPB, avant de rappeler : « Le patronat burkinabè dont la devise est ‘’l’union fait la force ; œuvrons ensemble pour un développement durable de notre pays’’ a foi au dialogue et fonde beaucoup d’espoir sur les concertations Patronat-syndicats ». Enfin, M. Appolinaire Compaoré a rappelé que le renforcement du dialogue social dans le secteur privé est l’un des engagements forts qu’il a pris lors de l’installation des nouvelles instances du CNPB. De ce fait, « les employeurs ne ménageront aucun effort pour mener un dialogue franc et constructif avec les travailleurs ». Il finira son propos sur une invite à la solidarité et à la compréhension mutuelle.

    L’UAS apprécie l’ouverture du Patronat au dialogue social

    Prenant la parole, le Président de mois de l’UAS, M. Bassolma Bazié a remercié le Bureau du CNPB pour la visite de courtoisie du 12 septembre et l’initiative de cette rencontre de concertations. Il a ensuite demandé une minute de silence pour les frères défunts.

    Poursuivant, M. Bassolma insistera sur l’intérêt de cette rencontre : « Le Code du Travail est un outil important pour la gestion des relations professionnelles entre employés et employeurs ». Pour lui, le Code du Travail protège les deux parties. Le Président de mois de l’UAS estime qu’il permet entre autres « (…) de motiver les travailleurs, d’éviter les conflits et de créer un climat qui favorise la productivité du travailleur ».
    M. Bazié a rappelé que des blocages dans les discussions d’octobre 2017 avaient empêché l’avancée significative de la révision du Code du Travail. Pour lui, la cérémonie d’ouverture des échanges est donc un pas positif. Il espère toutefois que le consensus qui en résultera « ne soit charcuté comme en 2008 par les autorités, notamment l’Assemblée nationale ». Il a rappelé le « contenu fort condamnable de la loi du 13 mai 2008 :

    M. Bassolma Bazié, Président de mois de l’UAS
    • Renouvellement de contrat à durée déterminée N fois ;
    • Plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif à 18 mois ;
    • Réduction du temps de l’allaitement ;
    • Placement scandaleux des travailleurs par des sociétés ; etc. »

    En outre, M. Bazié a invité les autorités à se pencher sur les causes de l’insécurité en favorisant la justice sociale. Le président de mois de l’UAS s’est dit convaincu que la résolution des préoccupations majeures des travailleurs renforcera le dialogue social. Il a fini son propos sur l’espoir que les échanges aboutissent à un consensus sur les points de désaccord.

    Le ministre prêt à accompagner l’initiative

    A son tour, le ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Protection sociale, M. Séni Mahamadou Ouédraogo, s’est réjoui aussi de l’initiative du Patronat d’entamer un processus de concertation avec les syndicats des travailleurs. Pour le ministre, le gouvernement est désireux d’aller au bout de la révision du Code du Travail mais « nul ne saurait ignorer le contexte sécuritaire préoccupant dans lequel s’ouvre la présente rencontre ». Toutefois, estime-t-il, en acceptant de se concerter, le Patronat et les syndicats apportent « la preuve du dynamisme du dialogue social dans notre pays ». Il assure que son département « se donnera les moyens d’accompagner les initiatives du dialogue social constructeur qui apporte une qualité de vie et de travail aux citoyens tout en préservant la compétitivité de nos entreprises nationales ».

    Pour terminer, le ministre a souligné que son « département attend avec beaucoup d’intérêt les conclusions qui sortiront de vos discussions ». Il a aussi espéré que ces conclusions soient en droite ligne de la « vision du gouvernement en matière de travail et de protection sociale », avant de déclarer officiellement ouvertes les concertations Patronat-syndicats.