Burkina en 2020 : « Créons les conditions pour un monde de solidarité, de partage et de discipline »

    Une année s’achève, une nouvelle commence. A l’occasion du nouvel an, le Premier Vice-Président du CNPB, M. Seydou DIAKITE, nous a accordé un entretien. Il est revenu sur les moments forts de l’année précédente, notamment pour le secteur privé. Il a aussi donné sa vision de 2020 et surtout souhaité que les Burkinabè puissent travailler dans l’unité. Lisez plutôt.

    Service d’Information et de Communication : Quel bilan faites-vous de l’année écoulée ?

    M. Seydou DIAKITE : 2019 a été une année très difficile, qui a vu la mise en œuvre progressive du programme du Président du CNPB, à savoir la formation et la création d’emplois pour les jeunes ; la mise en œuvre d’un mécanisme de dialogue social avec les syndicats et la prise de contact avec les organisations sœurs et avec nos autorités. Sur ce plan, nous avons répondu au programme du Président du CNPB.

    Mais je le disais tantôt c’est une année qui a été très dure au plan sécuritaire. Pourtant, pour que les affaires prospèrent, il faut une certaine stabilité. Avec toutes ces attaques enregistrées, on ne peut pas dire qu’il y a la quiétude. Il va falloir une chaîne de solidarité autour de nos forces de l’ordre pour bouter le terrorisme hors de notre territoire et faire en sorte que le monde des affaires prospère.

    Je retiens aussi que le monde du travail a été beaucoup secoué par des mouvements sociaux qui n’ont pas tenu compte du contexte sécuritaire avec la faiblesse du budget de l’Etat ; les revendications étaient largement au-dessus de la possibilité de l’Etat. Leurs revendications étaient souvent justes, mais le moment était mal choisi. Je souhaite que les uns et les autres puissent comprendre que nous devons ensemble observer une trêve sociale pour permettre à l’Etat et aux FDS de mener une lutte efficace contre le terrorisme pour qu’il y ait la quiétude afin que l’on puisse exercer nos affaires.

    Tous s’accordent que l’année passée a été assez compliquée. Mais a-t-elle connu des aspects positifs ?

    « Nous devons ensemble observer une trêve sociale pour permettre à l’Etat et aux FDS de mener une lutte efficace contre le terrorisme »

    Malgré tout, il faut saluer la sérénité des Burkinabè. Ils sont restés sereins, tout en apportant leur contribution à la lutte. En témoigne le soutien du Patronat aux FDS. Beaucoup de structures ont emboîté le pas. Cela signifie que les Burkinabè sont conscients de la situation, ils sont conscients qu’ils doivent s’impliquer dans la quête de solutions. C’est vraiment positif à mon avis. Également, il faut reconnaître que malgré toutes ces difficultés, la vie économique bien que fortement impactée, n’a pas faibli : l’économie continue de tourner. Il n’y a pas de rupture au niveau de l’approvisionnement dans notre pays ; il n’y a pas d’inflation au regard de la situation. Vous constatez que les salaires sont payés, dans le privé tout comme dans l’administration. On ne peut pas parler de stabilité certes, mais l’équilibre n’est pas rompu.

    Quelle brève analyse faites-vous du monde des affaires ?

    Le monde des affaires a besoin de beaucoup plus de sérénité, d’organisation et de dialogue avec le gouvernement pour qu’on crée les conditions pour que les opérateurs puissent s’exprimer. Les entreprises ont besoin d’un équilibre à la justice. On a l’impression aujourd’hui quand on se présente à l’administration pour des problèmes avec un travailleur, que systématiquement c’est l’employeur qui a tort.

    Il faut aussi une certaine flexibilité au niveau de l’Etat. Autant on demande aux gens de créer des emplois, autant on doit accepter une certaine flexibilité dans le cas où les entreprises sont en difficulté ou sont obligées de se séparer d’une partie de leur personnel. Je souhaite donc que le dialogue Gouvernement/Syndicats puisse être soutenu, qu’il y ait des rencontres biannuelles pour qu’on puisse échanger de façon franche. Mais il faut aussi que l’Etat évite de prendre le monopole du dialogue avec les syndicats parce que les employeurs, c’est nous aussi ; nous avons notre partition à jouer.

    Comment voyez-vous 2020 ?

    « Il faut aussi que l’Etat évite de prendre le monopole du dialogue avec les syndicats« 

    On dit que l’espérance est ce qui meurt en dernier. Nous avons passé une année 2019 très difficile. Ce n’est pas pour autant qu’on doit croire que 2020 sera facile, le terrorisme étant toujours d’actualité. Mais nous devons pouvoir nous nourrir d’espoir, nous armer de courage et de moyens pour pouvoir frayer notre chemin. Je pense que le Burkina a encore de très belles années devant lui. Il faut qu’on crée les conditions pour mettre en place un monde solidaire, un monde de partage, qu’il y ait aussi beaucoup de discipline. Vous constaterez que l’incivisme s’installe progressivement. C’est un phénomène qui est de nature à affecter l’économie du pays.

    Mais en tant que 1er Vice-Président du CNPB, comment voyez-vous 2020 ?

    Maintenant que nous sommes dans la phase diagnostic, je peux dire qu’en 2020, nous allons pouvoir mettre en place une véritable stratégie de développement, de dialogue, d’encadrement des entreprises pour que les conditions de création des entreprises au Burkina soient des plus aisées et qu’il y ait plus d’ouverture dans le sens des intérêts des promoteurs.

    Je saisis l’opportunité de cet entretien pour souhaiter une bonne et heureuse année à l’ensemble des Burkinabè, bonne et heureuse année à tous les chefs d’entreprises du CNPB, bonne et heureuse année à notre Président, M. Appolinaire Compaoré. Je souhaite que nous puissions dans l’harmonie, la cordialité et la convivialité, bâtir un Burkina serein et prospère. Que nous travaillions à nous donner les moyens pour bouter hors de chez nous ce terrorisme qui est un frein à tout processus de développement économique. Bonne et heureuse année à nos FDS qui méritent tout notre soutien et qui ne ménagent aucun effort pour que nous puissions sortir des difficultés causées par les ennemis du Burkina Faso. Pour ma part, je reste serein et confiant en nos forces de défense et de sécurité.

    Je souhaite qu’ensemble nous puissions travailler main dans la main pour créer les conditions d’un développement harmonieux dans le sens de la solidarité et du partage.

    Service d’Information et de Communication

    Du Conseil National du Patronat Burkinabè (CNPB)