Le 14 avril 2026, à Ouagadougou, s’est tenu le symposium national consacré à l’institutionnalisation de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).
Coorganisé par la Confédération Générale des Entreprises du Faso (COGEF), le Centre d’analyse des politiques économiques et sociales (CAPES) et le Forum RSE, le symposium s’inscrit dans une dynamique de réflexion stratégique sur le rôle des entreprises, des pouvoirs publics et des partenaires sociaux dans la promotion du développement durable au Burkina Faso.
Placée sous le haut patronage de SEM. Rimtalba Jean Emmanuel OUÉDRAOGO, Premier ministre, et sous la présidence de M. Idrissa NASSA, Président de la COGEF, la rencontre a mobilisé plus de 500 participants, notamment des acteurs de l’administration publique, du secteur privé, du monde académique ainsi que des partenaires techniques et financiers, témoignant de l’intérêt croissant pour les enjeux liés à la RSE.
Dans son mot de bienvenue, Dr Alain SIRI, Directeur exécutif du CAPES a salué la qualité et la diversité des personnalités présentes. Il a souligné l’importance de cette initiative dans un contexte où la structuration des pratiques responsables constitue un levier essentiel pour un développement économique durable et inclusif. Il a également exprimé sa gratitude à M. Idrissa NASSA pour sa présence, qui témoigne de « l’importance que revêt la RSE pour les entreprises burkinabè ».
Prenant la parole à son tour, le Président de la COGEF a rappelé que « dans le contexte actuel, la RSE ne peut être un exercice théorique ni un simple alignement sur des standards internationaux. Elle doit être pensée comme un levier stratégique permettant au secteur privé de répondre aux enjeux nationaux, notamment en matière de souveraineté économique et d’industrialisation ». Il a, par ailleurs, insisté sur le fait que l’institutionnalisation de la RSE est aujourd’hui incontournable, tout en précisant qu’elle doit reposer sur un cadre clair, stable et co-construit avec les entreprises. À cet effet, il a appelé à :
• privilégier une approche incitative fondée sur la valorisation et des mécanismes d’encouragement ;
• promouvoir une RSE adaptée aux réalités nationales, en évitant toute transposition mécanique de modèles extérieurs ;
• instaurer un dialogue permanent entre l’État, le secteur privé, le monde académique et la société civile.
Le discours d’ouverture du symposium a été prononcé par M. Emile ZERBO, Ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, représentant SEM le Premier ministre. Il a salué la forte mobilisation des participants, qu’il a interprétée comme le reflet d’une prise de conscience collective autour de l’importance de la RSE.
Dans son allocution, il a souligné que la vision du gouvernement « de la RSE va au-delà des actions caritatives ou philanthropiques ». Il a insisté sur la nécessité d’en faire un véritable levier qualitatif, capable de :
• promouvoir le contenu local ;
• renforcer la formation et l’employabilité des jeunes ;
• encourager des pratiques respectueuses de l’environnement ;
• préserver les ressources naturelles ;
• améliorer les conditions de travail.
Il a conclu en rappelant que l’institutionnalisation de la RSE est indispensable pour définir des principes clairs, établir des normes minimales, valoriser les entreprises vertueuses et encourager les pratiques responsables, avant de souhaiter des échanges fructueux aux participants.
À l’issue de la cérémonie d’ouverture, les travaux se sont poursuivis autour de cinq panels animés par d’éminents intervenants. Les thématiques abordées ont porté sur :
• la RSE et la souveraineté nationale ;
• l’état des lieux de la RSE au Burkina Faso ;
• le cadre juridique et institutionnel incitatif ;
• les partenariats multi-acteurs ;
• les stratégies et initiatives RSE des organisations, ainsi que les leçons apprises.
La journée s’est achevée sur une note de satisfaction générale, marquée par l’atteinte des objectifs fixés et la richesse des échanges, ouvrant ainsi la voie à des perspectives concrètes pour l’institutionnalisation de la RSE au Burkina Faso.